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Coupe du monde 2010 : la défaite des afropessimistes
Posté le : 13-07-2010 | 0 Commentaires | Ajouter un commentaire
Cette fois-ci l’Afrique est bien partie. Après un mois de compétition, l’afro-pessimisme a été battu dans tous les compartiments du jeu.
Au terme de 30 jours de compétition, aucun incident majeur n’aura émaillé la coupe du monde 2010. Si sur le terrain, il y eut peu de buts à cause d’un système de jeu défensif qui a pris le pas sur l’offensif, dans les tribunes l’on enregistre, avec 3 millions de spectateurs, la troisième plus grande affluence de l’histoire de la coupe du monde depuis 1930. Seule l’édition américaine de 1994 et allemande de 2006 auront fait mieux.
Beaucoup de médias ont persisté sur l’aspect sécuritaire durant les premiers jours avant de s’en prendre au Vuvuzuela, l’un des sujets favoris. Au final, le bilan est sans appel pour l’Afrique du Sud qui aura amélioré son image loin des thèmes permanents du Sida et de l’insécurité. C’est tout un continent, marginalisé par des médias qui n’ont plus les moyens de faire du terrain pour confronter les clichés amassés par une longue succession de tragédies à la réalité, qui en est bénéficiaire. Pourtant, à peine quelques semaines avant le début de la compétition, des membres de la fédération allemande de football pestaient tout haut contre l’insécurité en faisant des associations d’images entre le drame de l’équipe de Togo dans l’enclave du Cabinda lors de la dernière Can et le niveau de sécurité en Afrique du Sud.
Le bon sens du président de la FIFA, rappelant fort à propos que le pays de l’arc en ciel a organisé la coupe du monde du rugby ainsi que de grands tournois ATP avec «zéro morts » dans chacune de ces manifestation aura à peine atténué les critiques.
Même le Roi Pelé, désavoué par Maradona, avait cédé à cet affro-pessimisme gratuit qui montre au final que l’Afrique paye un lourd tribut lié à la perception que l’on se fait d’elle. L’absence d’agences de presse d’envergure ry de grands médias internationaux à Dakar, Casablanca, Johannesburg capables de rivaliser avec la presse parisienne, londonienne et new yorkaise se paye aujourd’hui par un écart persistant entre la réalité d’un continent dynamique en transformation continue et la perception conservatiste de journalistes qui, on le voit dans la cabale contre la Chine et les pays émergents, ont le mouvement en horreur. Ainsi, de ces reporters qui, à peine débarqués à Johannesburg titrent sur le vol d’une caméra d’un journaliste chinois alors que les officiels et les touristes du monde entier louaient la qualité de l’organisation et les conditions d’accueil.
Au final, le pays de Nelson Mandela donne une bonne leçon e à tous les pessimistes encore accrochés à l’image d’un continent en stagnation. Les 700 millions de téléspectateurs qui ont suivi le sacre de l’Espagne auront sans doute noté la différence entre la réalité nue et celle construite par un conservatisme toujours de mise quand il s’agit de parler du continent noir.
Adama Wade
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